Marin
Joseph Lazare Siméon Prat est né le 19 mars 1808, de Pierre Victor Marie Prat qui exerçait la profession d’orfèvre et de Marie Marguerite Fouque, originaire de Solliès-Pont où son père était balancier.
La vie de Joseph Lazare Prat est une vie de marin. En 1830, il s’embarque sur le brick « La Silène » qui, accompagné d’un second vaisseau, « L’Aventure », a pour mission de lutter contre la piraterie et de participer au blocus d’Alger. Les deux navires affrontent une violente tempête, ils font naufrage et les équipages sont faits prisonniers. Plusieurs marins sont décapités et leurs têtes « exposées aux yeux d’une populace effrénée » (lettre du bagne d’Alger, en date du 23 mai 1830, adressée par M. d’Assigny, lieutenant de vaisseau au ministre de la Marine). Les survivants seront libérés quelques mois plus tard par les troupes françaises lors de la prise d’Alger. En reconnaissance, Joseph Lazare Prat déposera en ex-voto ses fers dans la petite chapelle Sainte Anne à Saint-Tropez où une plaque de marbre rappelle : Siméon Prat, apprenti marin, naufragé du brick La Silène, fait prisonnier par les Barbaresques le 14 mai 1830, délivré du bagne d’Alger le 4 juillet, a déposé ici les fers de sa captivité le 4 septembre 1830. Reconnaissant envers sa protectrice.
On retrouve la trace de notre marin, promu maréchal des logis chef en avril 1843, à Tahiti où il implante avec l’amiral Bruat, un ancien du Silène lui aussi, une caserne de gendarmerie qui porte encore son nom. C’est lui qui, le 3 mars 1844, arrête, sur ordre du gouvernement, le pasteur George Pritchard (1796-1883). Ce consul du Royaume-Uni, qui avait une certaine influence auprès de la reine Pomaré IV, était soupçonné d’avoir fomenté des troubles et d’être l’instigateur de l’expulsion de missionnaires catholiques français, évangélisateurs de l’Océanie. Cette arrestation entraîna naturellement une grave crise politique entre les deux pays.
La carrière militaire de notre héros se poursuit dans les honneurs : chevalier de la Légion d’honneur le 3 mai 1849, promu capitaine, on le retrouve à Rome où le 20 septembre 1854, il devient chevalier de l’ordre de saint Sylvestre et de l’éperon d’or (décoration créée par le pape Grégoire XVI en 1841).
Après sa retraite, il exerce la fonction de commissaire de surveillance administrative des chemins de fer jusqu’en 1875. Il est domicilié à Toulon au 22 rue de la République.
On trouve la trace d’une lettre adressée en octobre 1888, par M. Cayet, chef de bureau à la mairie de Toulon, faisant référence à la tr ès haute estime que porte au capitaine Prat l’amiral Dupetit-thouars, préfet maritime, et sollicitant une promotion au titre d’officier de la Légion d’honneur. Cette ultime distinction lui sera toutefois refusée au motif que « le grade de M. Prat ne lui permet pas de le proposer » à cette promotion.
NB. Cette fiche a été rédigée à partir des recherches effectuées par un internaute de Haute-Savoie, M. Yves Prat, qui a suivi à plus d’un siècle de distance le même parcours marin et ultramarin que son glorieux homonyme. Qu’il trouve ici l’expression de notre gratitude.